Jeu de maux avec Nemorospo
Au clair de la lune
Je me suis réveillée nue et tremblante,
dans un autre corps.
La liberté, ça y est ! J'ai accès...
La mer s'est ouverte.
Sur des murs, dans une grotte et ailleurs, j'ai laissé quelques traces de mon incubation, maintenant, la noyade est derrière.
Que de perspectives enthousiasmantes, grisantes. La vie est fraîche et agréablement parfumée, ma main accepte de ne plus se serrer nerveusement, le sable devenu fin coule entre mes doigts et c'est doux. Un grain léger s'échappe du ciel, fait des postillons, arrose ma peau, mon visage. Mes joues imbibées ne sont pas salées.
Pas de larmes.
En jouant avec mes yeux, je fais tanguer les étoiles qui me regardent sans sourciller. J'adore la lumière des astres. Mon pouvoir, ce soir est de déloger les cieux !
Mais la température de la solitude rend l'espace glacial. Un frémissement me saisit et mes tempes transportent le rythme. Tout mon corps connait ce tempo. Avant, c'était l'annonce d'un drôle de sacré tango !
Là, je vois le gouffre qui s'ouvre avec délectation, il n'y a pas à s'y glisser. Ni à perdre pied, perdre la tête, perdre les sens, jusqu'à en perdre les temps et le mouvement. De cette sensation d'isolement, s'en dépouiller pour accéder à une autre réalité. Non, pas de raison.
Puis, le frisson du désert se gèle. Ça va passer. Je coince des grains de sable sous mes ongles. Ça crisse. Les nuages me font jouer à cache-cache avec la lune et m'agacent. Tout tourne et rien ne danse. La légèreté est suspendue.
Infusion, cordon, on ne raccroche à rien, rien ne se déchaîne, n'aliène plus, plus rien...
Je respire, titubante mais vivante.
Mon ventre ne se tait pas et me remonte à la gorge. Je m'imagine briser la glace à en faire jaillir le sang, ouvrir le coffre, retrouver le trésor, je commence à prendre de la bouteille. Je ne ris pas de la voir si vide en ce soir.
Je suis lourde.
Dégoulinante.
Hurlante.
Comment le silence peut-il être aussi bruyant ? Mes vêtements collent à ce corps qui est là, présent. Vide et qui me gène. Dans mes veines coule un jus qui ne chamboule rien.
Finalement, je me reconnais.
Libérée. Mais loin d'être libre.
Mes choix sont limités. J'ai besoin de tout.
Personne ne dépend de moi.
Ni autonome. Ni indépendante.
Nue et tremblante comme à la première minute. Chaque seconde, il faut que je pense à crier.
Au clair de la lune
Je me suis réveillée nue et tremblante,
dans un autre corps.
La liberté, ça y est ! J'ai accès...
La mer s'est ouverte.
Sur des murs, dans une grotte et ailleurs, j'ai laissé quelques traces de mon incubation, maintenant, la noyade est derrière.
Que de perspectives enthousiasmantes, grisantes. La vie est fraîche et agréablement parfumée, ma main accepte de ne plus se serrer nerveusement, le sable devenu fin coule entre mes doigts et c'est doux. Un grain léger s'échappe du ciel, fait des postillons, arrose ma peau, mon visage. Mes joues imbibées ne sont pas salées.
Pas de larmes.
En jouant avec mes yeux, je fais tanguer les étoiles qui me regardent sans sourciller. J'adore la lumière des astres. Mon pouvoir, ce soir est de déloger les cieux !
Mais la température de la solitude rend l'espace glacial. Un frémissement me saisit et mes tempes transportent le rythme. Tout mon corps connait ce tempo. Avant, c'était l'annonce d'un drôle de sacré tango !
Là, je vois le gouffre qui s'ouvre avec délectation, il n'y a pas à s'y glisser. Ni à perdre pied, perdre la tête, perdre les sens, jusqu'à en perdre les temps et le mouvement. De cette sensation d'isolement, s'en dépouiller pour accéder à une autre réalité. Non, pas de raison.
Puis, le frisson du désert se gèle. Ça va passer. Je coince des grains de sable sous mes ongles. Ça crisse. Les nuages me font jouer à cache-cache avec la lune et m'agacent. Tout tourne et rien ne danse. La légèreté est suspendue.
Infusion, cordon, on ne raccroche à rien, rien ne se déchaîne, n'aliène plus, plus rien...
Je respire, titubante mais vivante.
Mon ventre ne se tait pas et me remonte à la gorge. Je m'imagine briser la glace à en faire jaillir le sang, ouvrir le coffre, retrouver le trésor, je commence à prendre de la bouteille. Je ne ris pas de la voir si vide en ce soir.
Je suis lourde.
Dégoulinante.
Hurlante.
Comment le silence peut-il être aussi bruyant ? Mes vêtements collent à ce corps qui est là, présent. Vide et qui me gène. Dans mes veines coule un jus qui ne chamboule rien.
Finalement, je me reconnais.
Libérée. Mais loin d'être libre.
Mes choix sont limités. J'ai besoin de tout.
Personne ne dépend de moi.
Ni autonome. Ni indépendante.
Nue et tremblante comme à la première minute. Chaque seconde, il faut que je pense à crier.






